Aéroport de Lyon St-Exupéry, 1er janvier au matin

L’idée n’était (heureusement) pas de finir le réveillon dans un décor chaleureux, mais plutôt de prendre un avion pour Lisbonne et ensuite Accra, capitale du Ghana.

Pourquoi le Ghana? direz-vous peut-être. On ne parle pas beaucoup de ce pays chez nous, il ne regorge pas de beautés naturelles et, anglophone, sa culture nous est encore plus méconnue que celles de ses voisins (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire). Et ma femme et moi nous sommes amoureux du Mali, où chacune de nos visites a été un bonheur. Oui, mais… les choses ont bougé très vite ces vingt dernières années. Venus d’Algérie et associés à des groupes touaregs, armés et surarmés suite à la débandade de l’armée libyenne (entre autres : ils ne manquent pas de généreux sponsors), les jihadistes avancent dans tout le sahel et Mali, Niger et Burkina sont désormais le théâtre d’attentats et d’affrontements meurtriers. Ne nous sentant aucune vocation d’otages, mais appréciant énormément l’Afrique de l’Ouest, nous avons eu envie de visiter ce Ghana dont nous n’avions jamais entendu dire que du bien.

Et puis, comme c’est tout proche et qu’on pourra obtenir le visa à Accra, nous avons décidé de faire un petit crochet au Togo, en évitant dans chacun des deux pays de nous rapprocher du Burkina. Ca tombait bien, nous n’avions aucune envie de faire de la route.

Nous avons même commencé le voyage par quelques jours en bord de mer, à Busua. Un village de pêcheurs, juste assez touristique pour qu’on s’y loge facilement. Mais on ne s’y baigne pas, comme sur toute cette côte, réservée aux surfeurs et nageurs hors pair, capables d’affronter des courants de fort mauvaise réputation. On y joue beaucoup au football, par contre.

Nous repartons ensuite vers Cape Coast, en faisant une halte à Elmina. C’est aujourd’hui un village de pêcheurs très animé, dont la forteresse aux murs blancs ne laisse pas deviner toutes les les horreurs qu’elle a pu abriter. C’était un centre de détention des esclaves capturés à l’intérieur du pays, avant leur “expédition” en Amérique. Le traitement qui leur était infligé était effroyable. Tout captif cherchant à fuir était mis au cachot, jusqu’à ce qu’il meure de faim et de soif.

En route pour Cape Coast, un panneau publicitaire très représentatif du Ghana : alors que dans bien des pays d’Afrique, la publicité présente des hommes et (surtout) des femmes à la peau plus claire que la majorité de la population, ça n’est pas le cas au Ghana, qui semble assez indifférent aux critères occidentaux. Ca fait plaisir.

Le fort de Cape Coast est plus caricatural encore que celui d’Elmina. Beaux bâtiments blancs, luxueux appartement du gouverneur au dernier étage avec vue sur la mer, tandis qu’en bas était organisée l’horreur absolue : Auschwitz-sur-mer!…

Mais “Love is the answer” nous dit la terrasse de l’Orange Hotel, très rasta…

L’ambassade du Togo à Accra étant fort peu accessible (fête, congé…), nous nous sommes rabattus sur l’idée d’un visa de huit jours obtenu à la frontière. Nous avions envisagé quelques jours de plus, mais tant pis…

Nous voilà donc à Kpalimé, étonnant mélange d’Afrique et de gros village français, dont les enseignes commerciales révèlent un vrai génie de la formule. Si certains messages sont sans ambiguité, d’autres sont plus sibyllins…

La région est superbe, riche en cascades. Peu touristique néanmoins (nous passerons deux nuits dans un couvent…) Nous nous y promenons quelques jours à pied, et aussi en moto-taxi (650 francs CFA le litre d’essence à la station-service)

A suivre : lac Volta, Kumasi et retour à Elmina.