Les coups de coeur

  • De l’Everest à l’Obiou


    Lors de “l’Escale d’Automne” du festival, le 27 novembre dernier, Anne Benoit-Janin a présenté son film “les belles envolées”. Nous avons grâce à elle découvert de formidables alpinistes népalaises pour qui l’ascension de l’Everest a été à la fois un tremplin personnel et une affirmation collective féministe. La réalisatrice était accompagnée à Andrézieux de l’alpiniste-journaliste-écrivain Jean-Michel Asselin, qui intervient dans le film. Grand connaisseur du Népal et de l’Everest, il prépare actuellement un livre sur toutes les expéditions plus ou moins folles tentées dans le passé sur cette montagne. Dans cet extrait d’une émission de France Culture, qui date de 2014 mais rediffusée récemment, il nous livre une anecdote qui trouvera vraisemblablement sa place dans cet ouvrage… https://www.dailymotion.com/video/x2fu33r?fbclid=IwAR0q8SemRlRUlMNnxnq2po8GhweoXeWgn3JeodtJOH5uECBO8tFj47P4eA8


    Continuer à lire
  • Spécial “Coupe du Monde”


    On a déjà dit ici-même beaucoup de bien de Julien Blanc-Gras, le plus original et le plus drôle des ‘’écrivains-voyageurs’’ contemporains. Les premières phrases de son livre « Dans le désert » (paru en 2017) sont une belle ode à cette envie d’aller voir ailleurs qui anime beaucoup d’entre nous : ‘’Je voue une confiance mesurée à l’être humain. Ce niveau de confiance tend à diminuer quand je me contente de rester chez moi en consommant de l’information. Dès que je pose le pied sur un autre continent, une bouffée d’optimisme me transporte’’ Cet ouvrage est le récit d’une virée dans les pays de Golfe, d’un désir de voir de ses propres yeux au-delà des clichés. Il arrive au Qatar. ‘’On recense environ deux cents cinquante mille Qataris sur un territoire qui accueille deux millions d’étrangers venus bâtir un nouveau monde irrigué par les dollars qui jaillissent du sous-sol’’ On ne peut pas dire qu’il soit enthousiasmé par l’architecture toute en nuances des villes–champignons de l’Emirat. Il s’efforce néanmoins de relativiser : ’’Mais les pyramides de Guizeh ne semblaient-elles pas artificielles en leur temps ? Les pharaons de la IVème dynastie étaient-ils accusés de céder au bling-bling ?’’ Mais bien sûr, et c’est pourquoi nous vous parlons de ce livre aujourd’hui, en 2017 le Qatar était déjà un gigantesque chantier en vue de la Coupe du Monde 2022. Désireux de connaître un peu mieux cet univers où les curieux ne sont pas les bienvenus, Il sympathise avec Fouad, un cadre libanais, qui lui décrit à grands traits le schéma hiérarchique en vigueur ‘’Les ingénieurs sont occidentaux, les contremaîtres arabes, les administratifs indiens, les ouvriers népalais, sans oublier les Africains à la sécurité’’. En fin de journée, ils voient les ouvriers qui montent dans les bus pour rentrer dormir au camp, à des dizaines de kilomètres de là : ‘’Un agent de sécurité est chargé du comptage. – Il vérifie qu’ils sont tous là. Parfois, il y en a qui s’évadent, explique Fouad Il a bien utilisé le verbe ‘’s’évader’’. – Ne crois pas que j’adhère à ce système, précise-t-il. Mais qu’est-ce que tu veux faire ? Cette impuissance résignée (ou complice, je vous laisse décider) traduit le sentiment de la plupart des expatriés bien lotis’’ Au-delà des très intéressantes pages consacrées à la Coupe du Monde, on apprend, mine de rien, beaucoup de choses dans ce petit livre de 179 pages. Et pas seulement sur le Qatar : sur Bahreïn, Dubaï ou Oman également. Et toujours avec un petit sourire et un refus de juger trop vite et trop facilement. Voilà. Livre de Poche. 7.20€. Encore temps de courir chez votre libraire avant la finale (boycottée ou non)


    Continuer à lire
  • Eloge d’un art de voyager en voie de disparition


    Que ce soit bien clair : ce livre n’est pas un récit de voyage. C’est d’abord et avant tout un superbe roman sur l’amitié, l’amour et tous ces trucs-là, qui a été couronné par le Prix Femina 2019. Le narrateur, Sacha, la quarantaine, écrivain, décide sur un coup de tête de quitter Paris pour une petite ville du Sud. Et là, le hasard (mais existe-t-il vraiment, celui-là ?..) lui fait très vite rencontrer un ami perdu de vue depuis près de vingt ans, l’autostoppeur, que nous ne connaîtrons jamais que sous ce nom. Ils ont autrefois beaucoup voyagé ensemble, en stop justement. L’autostoppeur vit désormais dans la même ville, avec Marie (charmante) et leur fils. Peut-être un brin nostalgique, Sacha offre à son ami un petit livre du temps de leur jeunesse, retrouvé également par hasard, ‘’Autostop ! Guide pratique et humoristique de l’autostoppeur’’ (illustré par Sempé, eh oui), où l’auteur compare entre autres le stop à la pêche à la ligne : ‘’Même patience, même délicatesse dans le coup de poignet, même absence de brusquerie. Même joie dans les prises’’. Et il découvre, stupéfait, que l’autostoppeur n’a jamais vraiment cessé cette pratique. Il l’a juste espacée. ‘’Quand tu pars, c’est pour aller où ? […] – Paris. Lille. Brest. J’essaie de varier. – Mais tu as des choses à faire là-bas ? – Pas forcément. […] Je dis la vérité aux automobilistes : qu’en réalité, je me fiche un peu d’arriver où que ce soit. Que je fais ça pour le plaisir. […] J’imagine que ce doit être ça. Puisque j’y retourne. Puisque régulièrement ça me reprend : l’envie de repartir…’’ Il y a BlaBlaCar aujourd’hui, lui objecte-t-on souvent. Oui, ça fonctionne bien, mais non, ça n’est pas pareil : on a rendez-vous, c’est organisé. Fini le hasard, l’aléatoire !.. Et puis, quoiqu’on puisse en penser, les conditions sont favorables au stop aujourd’hui : voitures plus nombreuses, plus confortables, plus rapides, disparition presque totale de la concurrence ! L’autostoppeur photographie tous ses ‘’chauffeurs’’ avec un polaroïd, immortalisant ces brèves rencontres qui peuvent prendre plus de place dans la mémoire que de longues histoires. Je ne vais pas vous raconter tout le roman. Je vous dirai simplement qu’avec l’irruption de Sacha dans sa vie, l’autostoppeur va reprendre la route de plus en plus souvent, comme si son ami pouvait pallier son absence auprès de sa famille… Je disais que ce livre n’est pas un récit de voyage. C’est évident, mais c’est un livre merveilleux sur le besoin de voyage, de départ et sur un art de voyager en voie de disparition. (Une prochaine fois, il faudra que je vous parle d’un autre livre de Sylvain Prudhomme, ”Les Grands”, qui raconte la vie de musiciens plus ou moins retraités en Afrique. Quelques pages absolument magnifiques. On y reviendra.) ”Par les routes”, en livre de poche (le prix n’est pas indiqué sur la couverture, c’est juste un code barre : 9 782072 921667, si ça peut vous aider) Bonne lecture !


    Continuer à lire
  • Du plaisir ou du bonheur?


    Julien Blanc-Gras est un drôle de type, pas prétentieux pour deux sous (’’Je représente un sept milliardième de l’humanité’’), c’est un bon point pour lui. Dans les premières pages de ‘’Touriste’’, il évoque le globe terrestre qui lui servait de nounours et le premier livre qu’il a ouvert : un atlas. On conviendra qu’il montrait des prédispositions au nomadisme (…)


    Continuer à lire